mercredi 6 janvier 2010

Cimetière de Tuyuk - région de Turpan


Ce qui différencie Tuyuk (parfois Tuyok) de nombreux autres villages Ouïghours, et a sûrement contribué à sa préservation, c'est son "mazar", autrement dit mausolée. C'est là (photo ci-dessous) que repose celui qui est considéré comme le premier musulman ouïghour, au XIe siècle. Dans un carré aux fragiles remparts de terres à côté du cimetière, s'élève le petit dôme de faïence verte. L'endroit semble modeste mais sacré, et une croyance populaire affirme que sept pèlerinages à Tuyuk sont équivalents à un voyage religieux à La Mecque...

dimanche 3 janvier 2010

Tuyuk - région de Turpan

Cliquez sur le panorama pour l'agrandir...

Quelques heures de route encore, et l'aventure semble enfin commencer. Il en aura fallu du temps depuis le départ de Hong Kong pour s'enfoncer assez loin dans le Xinjiang et trouver ces paysages tant attendus... Et ce n'est maintenant que le début!

samedi 2 janvier 2010

Mosquée Sugong - Turpan

A quelques kilomètres de Turpan, première découverte. La mosquée Sugong date du XVIIIe siècle et a été construite en l'honneur du Prince Emin, l'un des rares habitants de Turpan, à cette époque, à avoir accompli le pèlerinage à La Mecque. L'architecture du minaret surprend et, bien loin du style Han ou Hui des mosquées construites en Chine, c'est un édifice clairement inspiré par l'Islam d'Asie centrale et du Moyen-Orient... premier indice concret de ce point de passage séculaire entre l'Extrême-Orient et son vaste et complexe Occident.

vendredi 1 janvier 2010

Turpan

Enfer et damnation... en arrivant à Turpan, c'est la même déception qu'à Urumqi! La cité de la route de la soie n'est plus. Là aussi, un large carrefour marque le centre de la ville et d'affreuses artères étendent bien loin leurs droites tentacules. Rasé le centre historique, finis les petits quartiers... On ne peut s'empêcher de penser aux éventuels trésors archéologiques enfouis sous la gangue de béton.
Les populations Ouïghours, nous le constateront de manière systématique par la suite, se sont déplacées (ou ont été déplacées...) en périphérie, pour habiter des zones souvent précaires. Seule consolation après cette arrivée maussade: le marché et ses innombrables étales de fruits secs et confits, gigantesque nuancier automnal aux extraordinaires saveurs...

jeudi 31 décembre 2009

Drôle d'oiseau du peuple - Urumqi

Toujours le dimanche matin, dans le parc du peuple; le soleil monte et réchauffe un peu les promeneurs engourdis. Voilà qui donne des ailes à ce danseur particulièrement inspiré... Il en faut des ailes ici, pour pouvoir s'évader un peu. Outre une offre limitée de loisirs, Urumqi est l'endroit du globe le plus éloigné de toute mer; il faut parcourir 2500 km au minimum pour approcher un rivage: tout un symbole.

mercredi 30 décembre 2009

Le parc du peuple - Urumqi

Un dimanche matin à Urumqi. Le parc du peuple.
Quelle que soit la ville en Chine, le parc est toujours un lieu de rendez-vous incontournable pour les artistes amateurs. On apprécie de se retrouver pour partager chansons, danses, Tai Chi ou calligraphies... A ce sujet, les plus modestes s'entraînent directement sur le sol, avec d'ingénieux pinceaux à l'eau. Les allées sont constellées de signes délicats, qui grossissent dans les veines des dalles, puis s'effacent doucement. Une belle pratique de l'art éphémère.

mardi 29 décembre 2009

Carte du périple - Xinjiang

Le Xinjiang est une partie lointaine et très peu peuplée de Chine; officiellement, c'est une "région autonome". Il y a encore quelques décennies, cette province était majoritairement peuplée par les Ouïghours, ethnie musulmane très caractéristique de l'Asie centrale; ils sont désormais numériquement dominés par les Chinois (terme cependant vague, mais pour qui l'appellation de Hans serait également bien trop restrictive). Savoir si ce territoire est "naturellement" chinois est une polémique encore douloureuse; l'Empire du Milieu a toujours tenté de dominer cet espace clé, vital pour le commerce de la route de la soie. Dès le Ier siècle de notre ère, la région connaissait déjà une forme de protectorat, et par la suite des situations et des fortunes diverses, avant d'être annexée purement et simplement au XVIIIe siècle, non sans de vives réactions encore visibles aujourd'hui.
Notre périple ne pouvait être que modeste dans cette province grande comme trois fois la France. Trois parties semblaient toutefois incontournables: parcourir la route de la soie autant que faire ce peut, visiter les montagnes de la région du lac Karakol et traverser le désert du Taklamakan.

Urumqi la neuve

Arriver à Urumqi la tête pleine des récits des voyageurs de la route de la soie était peut-être une erreur. Évidemment, les choses évoluent et c'est fort bien; mais les villes en Chine laissent souvent de désagréables impressions; être loin dans les confins de l'Ouest n'a rien changé. Le plan est le même, de Shenzhen à Kashgar: des routes droites et larges, avec toujours le même mobilier urbain, les mêmes passages souterrains glauques, les mêmes façades neuves et déjà sordides de magasins criards et les mêmes ombres de constructions gigantesques en cours...
Le rouleau compresseur du nécessaire développement urbain est passé, avalant petits quartiers, vestiges et l'âme de la ville; car en vérité, ce ne sont pas les longues langues de bétons rectilignes hérissées de tours qui posent problème, mais bien l'absence d'une histoire, d'un passé palpable au fil des rues, d'une évolution de quartiers en quartiers. Même le parc Hongshan, en plein centre, a du mal à cacher ses artifices récents.
En ce mois d'octobre, il faisait déjà froid. La constante présence militaire et policière ajoute un côté "état de siège" à cette ambiance déjà bien triste... Cuisant rappel des événements de juillet dernier, les patrouilles de blindés, d'uniformes variés ou de civils à brassards rouges toujours en lignes par quatre, seront le quotidien de tout le voyage.