mercredi 20 août 2008

Tsukiji 1


Selon les goûts et les humeurs, c'est un triste cimetière de la vie marine ou le vestibule appétissant des délices de la mer. Construit après le tremblement de terre de 1923, le marché aux poissons de Tokyo, Tsukiji, est le plus grand du monde et c'est un véritable labyrinthe d'étals, divisé en deux zones distinctes. Au centre se trouve une vaste salle pour les enchères; les plus beaux spécimens sont alignés sous les yeux experts de spécialistes qui savent, d'un regard ou d'une courte manipulation, décider si l'animal mérite ou non la fièvre de l'excitation spéculatrice. Le poisson le plus fin, le plus raffiné peut être l'enjeu d'une lutte acharnée et des prix les plus fous. Il faut généralement une autorisation pour pénétrer dans ce saint des saints de la poissonnerie, qui atteint le paroxysme de son activité entre 5h30 et 6h du matin. La deuxième zone est celle des grossistes qui vendent aux professionnels de toute la ville. Ils sont plus de 900 à présenter leur marchandise selon les arrivages et des spécialités bien précises. Plus de 400 espèces animales transitent par ce marché, chaque matin et ce sont 2000 tonnes de poissons qui sont traitées quotidiennement pour un chiffre d'affaire annuel d'environ 4 millions d'euros. 65 000 personnes travaillent directement en lien avec ce marché, du grossiste au distributeur en passant par les administratifs et les vendeurs de glace.


vendredi 1 août 2008

La source

Mosaïque de pièces de monnaie où le cuivre et l'argent constellent une eau sacrée. C'est une belle œuvre d'art contemporain, collective et participative; peut-être un pied de nez aux forces de l'argent, le rêve commun d'un monde meilleur, les souhaits individualistes d'une foule envieuse ou une habitude sans réel sens ni portée... Qui sait?

Strass et paillettes

Pas de frontières pour le kitsch... sauf qu'au Japon on s'en donne les moyens. La taille du portefeuille permet souvent de rebaptiser le mauvais goût en "tendance" et le beauf en "fashion victim". Au final cependant, le luxe tapageur, l'argent vomi sans pudeur et la vanité bruyante sont des signes parmi les plus méprisables des efforts de l'humain en représentation. D'ailleurs, et surtout, c'est valable quand on habite la fonction la plus noble et la plus élevée d'une République.

jeudi 31 juillet 2008

La sieste

On se pose, juste un moment. On s'allonge, juste cinq minutes. On ferme les yeux, juste un instant. On dort... d'un sommeil juste. Un sommeil si léger que l'on profite de mille sensations extérieures et assez profond pour rêver. Le soleil oscille sur le visage au gré des branchages agités par le vent délicat. L'herbe épouse la forme du corps et le fond de la pensée. Tout est suspendu au sixième sens, mélange de l'ouïe et du toucher; comme si l'esprit devenait tactile à distance grâce au son. Le moindre bruit n'est plus parasite mais prétexte à une nouvelle histoire qui s'enchaîne sans souci à la précédente divagation. Un goût d'éternité s'éveille dans la sieste. Est-ce l'effet des temples zen et des bucoliques parcours dans la nature nippone? Ce parc est pourtant au cœur de Tokyo.

Jingu shrine

Orange! L'histoire raconte que les édifices shintô sont affublés de cette vivifiante couleur car elle permet de chasser le mal. Pourquoi pas rouge alors, puisque c'est la couleur standard à toute l'Asie pour ce genre de préoccupations? Justement, rouge au Japon, c'est la couleur de la Chine... Et l'Empire du Milieu n'a pas toujours été en odeur de sainteté.

mardi 29 juillet 2008

Jidohanbaiki

Des boissons, des glaces, des cigarettes, des photos, des porte-bonheurs, des soupes, des tickets, des DVD, des fleurs, des parapluies, des livres... les machines automatiques (Jidohanbaiki) vendent tout, partout. C'est particulièrement leur nombre hallucinant qui marque le visiteur. Dans presque toutes les rues du Japon, alignées par trois, quatre ou plus, les machines font partie du paysage urbain. D'après la Japan vending machine manufacturers association, il y aurait un distributeur automatique pour 23 habitants! Toujours d'après la même source, 40 à 50% des boissons conditionnées à l'unité seraient vendues par ce biais. L'implantation des automates vendeurs remonte au Jeux Olympiques de 1964 où la chaleur de l'été avait exigé des disponibilités importantes en rafraîchissements... Loin de les voir comme une nuisance, ce sont les commerçants eux-mêmes qui les installent près de leur échoppes pour attirer la clientèle...

dimanche 27 juillet 2008

Tokyo tower

La tour de Tokyo mesure huit mètres de plus que la tour Eiffel et pèse 2300 tonnes de moins. Au-delà de ces chiffres, l'édifice, inauguré en 1958, n'a pas le même prestige international que sa consœur française... Son élancement et son habillage nocturne n'en sont pas moins élégants.

Vagabondage nocturne

Quelques heures après la cohue, le jour s'est effacé au profit de la soirée. Le quartier de la gare de Ueno tient tête à l'obscurité et reste encore animé quelques heures. Bien après, le cœur de la nuit s'installe. Une vraie nuit, non seulement voilée de noir mais aussi déserte et silencieuse, peuplée de solitudes qui se croisent et de silhouettes intrigantes. Le quidam anonyme de la journée peut raser les murs, il est repéré; la voiture du noctambule s'égare sur la rocade dans de longs fils lumineux et les enlacements de bétons attendent le matin, désœuvrés.

mercredi 23 juillet 2008

Les sculpteurs de lumière


Un autre monde le même soir...
Une exposition d'art contemporain, nocturne et en plein air, sur le thème de la lumière.


Télé nippone

Quitte à être dans l'insolite... voici quelques clichés d'un zapping télévisé, le soir dans un hôtel. C'est un véritable condensé de culture nippone, à la limite de la caricature. On trouve des émissions de jeux débiles (un grand régal parait-il), des séries de super-héros, du télé-achat (un vrai phénomène de société nous a-t-on dit) et les deux sports favoris des Japonais que sont les sumos et le base-ball. Comble, un peu plus tard dans la soirée, une émission pour apprendre à faire des origami...